Le mystère de la chaise de Busby qui a tué des dizaines de personnes

L'histoire de Busby à Thirsk
La ville de Thirsk dans le Yorkshire du Nord en Angleterre

Thirsk recèle tous les charmes d’un petit village anglais. Mais en visitant le musée local vous découvrirez un objet insolite : une chaise d’époque connue dans la région pour son pouvoir maléfique.

Le fantôme de Thomas Busby
Thomas Busby

Tout commence en 1702 lorsque Thomas Busby, condamné à la pendaison, se voit accorder un dernier souhait : boire une dernière bière assis sur sa chaise préférée dans son pub favori. Une fois son verre vide il se dirige vers son bourreau, pointe la chaise du doigt et annonce : « Qu’une mort subite foudroie quiconque osera s’asseoir sur ma chaise ! »

Busby a été pendu, mais sa malédiction a semblé se vérifier à de nombreuses reprises. La légende raconte qu’à la fin du 18ème siècle, le fauteuil avait déjà été responsable d’une dizaine de morts. Le policier Peter Hatch a déclaré qu’« Après la pendaison de Busby cette chaise est restée dans le pub, et c’était relever un défi que de s’asseoir dessus. Mais peu à peu on s’est aperçu que pour ceux qui s’étaient assis dessus, les choses avaient vite mal tournées. »

Les décès attribués à l’utilisation de la chaise de Busby

Un soir de 1894, un ramoneur s’est assis sur la chaise et a affirmé qu’il s’y sentait parfaitement bien. Il a mystérieusement été retrouvé pendu à un portail le lendemain matin, juste à côté de l’ancien gibet de Busby. Puis dans les années 1940, on raconte que de tous les aviateurs de l’aérodrome voisin de la Royal Air Canadian Force qui fréquentaient le pub et qui s’étaient assis dans le fauteuil moururent brutalement dans l’exercice de leurs fonctions.

C’est donc à partir de la Seconde Guerre Mondiale que la légende a véritablement acquis sa notoriété. « Avant de venir ici je ne croyais pas au mauvais sort. Maintenant je ne sais plus trop quoi penser après avoir entendu certaines choses à propos de cette chaise. » raconte Roly Barnes, le propriétaire du pub.

Le pub Busby Stoop
Le pub « Busby Stoop » à Thirsk

Autre cas étrange : les musiciens du groupe de musique de la Royal Air Force ont un soir pris en stop dans leur camion un collègue pilote qui cherchait à rentrer à la base. Ce dernier a rapidement demandé à s’arrêter au pub pour aller aux toilettes. Le conducteur, qui ignorait tout de la légende, s’est alors assis sur la chaise pour l’attendre. Voyant que son autostoppeur ne revenait pas, il a finalement décidé de remonter dans le camion et de repartir sans lui. Mécontent, le pilote abandonné s’est ensuite résigné à rentrer à pied. Une fois arrivé à la base il a écrasé une brique sur la tête du chauffeur, le tuant sur le coup.

Le fauteuil de la mort de Busby
Le panneau du « Busby Stoop » et le « Fauteuil de la Mort »

Plus tard, en 1967, deux jeunes pilotes éméchés se sont lancé un défi stupide : s’asseoir à tour de rôle sur la chaise de Busby. Mais peu après leur départ du pub, leur voiture s’est écrasée les tuant tous les deux. Un autre homme s’étant installé dans le fauteuil est mort d’une crise cardiaque au cours de la nuit suivante.

On a également constaté que les cyclistes et motocyclistes ayant utilisé la chaise sont tous décédés d’accidents mortels. La femme de ménage du pub a elle aussi contribué à consolider la légende. En trébuchant, elle s’est retrouvée assise sur la chaise et a contracté une tumeur au cerveau foudroyante qui l’a emportée.

Bande-dessinée de la chaise de Busby
Un dessin du « Busby Stoop » et de sa chaise par Grégory Panaccione

Quelques années plus tard deux ouvriers prenaient leur pause déjeuner au pub, quand le plus jeune s’est mis en tête que la légende n’était qu’une plaisanterie. Cédant à la provocation il s’est assis sur la chaise, fier et incrédule. Et vous imaginez la suite… dès son retour sur le chantier il a fait une chute fatale du toit sur lequel il travaillait.

Les tentatives de protection mises en œuvre

Chaise de Busby qui a tué des gens
La chaise de Busby au musée de Thirsk

Par précaution, le propriétaire du pub a finalement décidé de mettre la chaise hors d’état de nuire dans la réserve. Mais en 1978, un jeune livreur venu déposer des caisses de bière dans la cave s’est assis un moment dessus pour se reposer. En remontant il a déclaré au propriétaire qu’il trouvait dommage qu’un si beau fauteuil soit remisé dans une cave humide. Il est mort d’un accident de la route quelques heures plus tard.

Horrifié par cette hécatombe, le propriétaire du fauteuil l’a finalement confié au musée de la ville en demandant qu’il ne soit plus jamais possible de s’y asseoir. Les conservateurs ont bien pris soin de l’accrocher à un mur à deux mètres du sol, et plus aucune mort suspecte n’a eu lieu depuis. « Beaucoup de gens prennent cette histoire très au sérieux. Je ne suis pas superstitieux mais je ne m’assiérai jamais sur cette chaise. » raconte Peter Wyon, le président du musée de Thirsk.