Un soldat japonais isolé a continué la guerre pendant 30 ans

Hiroo Onoda se rend après 30 ans de guerre

L’histoire est à peine croyable : un sous-lieutenant de l’armée japonaise, isolé sur une île du Pacifique, a continué à se battre pendant 30 ans croyant que la guerre n’était pas finie.

Instruction militaire

Hiroo Onoda
Hiroo Onoda

Hirō Onoda est né le 19 mars 1922 dans le village de Kamekawa au Japon. À 20 ans il fait son service militaire, puis est affecté au 218è régiment d’infanterie à Nanchang. Il suit ensuite un entraînement intensif dans une école militaire de Kurume où sont formés les officiers commandos.

En 1944 il est envoyé sur l’île de Lubang aux Philippines pour retarder le débarquement des Américains, car à cette époque les Philippines sont un territoire américain occupé par le Japon.

Carte de Lubang
Lubang, aux Philippines. Carte : Google Maps

Fin de la guerre

En 1945 les Américains reprennent l’île, et les Japonais en poste sont tous tués ou fait prisonniers. Tous ? Non ! Car quatre irréductibles d’entre-eux résistent encore et toujours à l’envahisseur. Ils restent en faction cachés dans la montagne, même après la signature des actes de capitulation du Japon.

« Si je recevais un ordre m’indiquant d’arrêter le combat, je quitterais la jungle »

En 1950 un des quatre camarades, Yuichi Akatsu, craque et se rend aux forces philippines. Le Japon décide alors de larguer des tracts au-dessus de la jungle pour annoncer aux éventuels survivants que la guerre est finie, mais ces derniers sont persuadés que c’est une ruse de l’ennemi pour les convaincre de se rendre.

En 1954 un second membre de l’escouade, Siochi Shimada, se fait tuer par les forces locales lors d’un échange de coups de feu. Les deux survivants Kinshichi Kozuka et Hirō Onoda restent en garnison pendant 18 ans, jusqu’à ce que Kozuka ne se fasse tuer en 1972 dans les mêmes circonstances que son ami Shimada.

« Ne pas se rendre »

Onoda est finalement retrouvé deux ans plus tard par un étudiant japonais, mais il refuse l’idée que la guerre est terminée à moins de recevoir l’ordre de son supérieur hiérarchique de déposer les armes.

Hiro Onoda se rend aux autorités
Hirō Onoda le jour de sa reddition. Crédit : AP

Le commandant d’Onoda finit par se rendre à Lubang et lui confirme la défaite du Japon. Hirō Onoda lui remet alors son uniforme et son Katana, ainsi que des grenades, 500 cartouches et son fusil encore en état de marche.

Hiroo Onoda se rend après 30 ans de guerre
Hirō Onoda remettant son sabre au président de la République des Philippines Ferdinand Marcos en 1974. Crédit : Malacañang Palace

Étonnamment on a retrouvé d’autres cas comme Hirō Onoda dans les années 1950, 1960 et 1970. On les a surnommés « Les stragglers » (« Les traînards » en français) et tous étaient des combattants japonais disséminés dans les îles du Pacifique pour retarder la progression américaine, refusant de croire en leur défaite. On explique cette situation par un dogmatisme militaire et un manque de communication de leur hiérarchie.