La menace invraisemblable de la pénurie de sable

Sablier évoquant la pénurie de sable
Crédit : Nakheel-Palm Deira

La raréfaction de l’eau potable, du pétrole ou même du chocolat sont déjà des pénuries problématiques mais dont les solutions, qu’elles soient coûteuses ou compliquées, ont le mérite d’exister. La pénurie de sable en revanche pourrait bien poser les plus grands des soucis à l’humanité…

Le sable est plus précieux que le pétrole ou l’or

Construction en béton
Crédit : NATO

Dans le trio de tête des ressources les plus utilisées sur terre on trouve dans l’ordre : l’air, l’eau et le sable. S’il est indispensable à la fabrication des ordinateurs, des smartphones, du verre ou du papier, ce dernier est aussi à l’origine du dioxyde de silicium que l’on trouve dans le vin, les produits cosmétiques et le plastique. Mais c’est avant tout son rôle dans l’élaboration du béton qui le rend si vital : c’est grâce à lui qu’on construit nos maisons, nos bâtiments et nos infrastructures.

Notre monde sans informatique, sans verre et sans béton ne ressemblerait plus du tout à celui que l’on connaît.

L’abondance du sable est une illusion

Très souvent, on voit que pour qu’un problème s’inscrive à l’ordre du jour, il faut qu’il devienne très grave – Pieter de Pous

Malheureusement seul le sable brassé par l’eau est utilisable en construction. Il est impossible de construire avec le sable des déserts, trop fin, trop rond et trop lisse : il ne s’agrège pas en béton.

Prélever le sable des rivières affaisse les berges et provoque crues et inondations. Les dragueurs prélevant sa mince couche rocailleuse dans l’océan coûtent cher, et détruisent la base de toute vie marine. Ainsi ni les rivières, ni les océans ne constituent des sources d’approvisionnement pérennes, et 70 à 90% des plages sont déjà menacées de disparition selon Denis Delestrac.

L’épuisement des ressources s’accélère

On estime les besoins en sable à environ 200 tonnes pour une maison, 30.000 tonnes pour 1km d’autoroute et 12.000.000 de tonnes pour une centrale nucléaire.

  • La production française annuelle de sable n’est que de 100 millions de tonnes, et ce chiffre décline. Une centrale nucléaire consomme ainsi 12% de cette production, et 100km d’autoroute 3%.
  • Dubaï (situé en plein désert) a déjà utilisé ses propres ressources pour la construction de ses projets pharaoniques comme Palm Jumeirah ou The World, et elle est désormais obligé d’importer du sable, notamment d’Australie.
  • Plus de 25 îles indonésiennes ont disparu pour alimenter la construction de Singapour, en croissance continue.
  • L’extraction de sable aux Maldives a entraîné l’évacuation de 120 îles.
  • La Chine quant à elle consomme un quart du sable de la planète, et l’accroissement de l’urbanisation mondiale décuple les besoins de cette ressource devenue rare, et qui met des centaines de milliers d’années à se renouveler.

Penurie-Sable-Dubai

Quelles solutions ?

Créer du sable artificiellement est techniquement possible. Broyer du verre, des coquillages ou des gravats permet d’obtenir un substitut au sable utilisable en construction. Mais dans ce cas son coût explose, et les capacités de production sont très largement insuffisantes. Aucune de ces solutions ne pourra satisfaire la demande mondial en perpétuelle croissance.

L’habitat, l’informatique et les infrastructures souffriront le plus de cette déficience, et il y a fort à parier qu’un nouveau type d’urbanisation devra devenir la norme.